Depuis le 12 août 2026, le règlement (UE) 2025/40 relatif aux emballages et aux déchets d’emballages, plus connu sous le nom de loi PPWR, s’applique dans tous les États membres de l’Union européenne. L’ambition est double : réduire durablement le volume d’emballages mis sur le marché, et faire du réemploi et du recyclage la norme d’ici 2040. On associe souvent ce texte aux seuls fabricants. C’est une erreur : distributeurs et détenteurs d’emballages sont eux aussi concernés, et les entreprises multisites en première ligne. Opérateur alternatif, Hubency pilote aujourd’hui la gestion des déchets de plus de 11 500 sites clients en France, de la collecte au reporting. Nous avons donc lu le règlement avec un regard de terrain, site par site. Dans cet article, retrouvez ce que la loi PPWR change concrètement pour vos sites, les échéances à anticiper d’ici 2040 et la manière d’en faire un levier de performance, économique comme environnementale, pour votre groupe.

 

L’essentiel à retenir

  • Ce que c’est : un règlement européen directement applicable, sans transposition, qui encadre tout le cycle de vie des emballages.
  • Qui est concerné : fabricants, mais aussi distributeurs, distributeurs finaux et tout opérateur qui utilise des emballages de transport.
  • Prochaine échéance : 12 février 2027, pour la restauration à emporter (contenants apportés par les clients).
  • L’action à lancer : demander à vos principaux fournisseurs d’emballages leur déclaration UE de conformité.

Qu’est-ce que la loi PPWR ?

Le PPWR, pour Packaging and Packaging Waste Regulation, désigne le règlement (UE) 2025/40 du Parlement européen et du Conseil du 19 décembre 2024 relatif aux emballages et aux déchets d’emballages. Publié au Journal officiel de l’Union européenne le 22 janvier 2025, il est entré en vigueur le 11 février 2025, puis s’est appliqué à l’ensemble des opérateurs économiques à partir du 12 août 2026. Son périmètre est large : tous les emballages, quels que soient leur matériau, leur usage ou le secteur qui les met en circulation, et tous les déchets d’emballages qui en découlent.

Règlement ou directive : pourquoi parle-t-on de « loi PPWR » ?

L’expression est courante. Elle est pourtant inexacte. Le PPWR n’est ni une loi française ni une directive : c’est un règlement européen. Là où une directive doit être transposée par chaque État membre, avec ses propres délais, un règlement s’applique directement et de manière identique dans les 27 pays. Les obligations sont donc les mêmes pour votre site de Lille et pour votre filiale de Barcelone.

Le texte abroge la directive 94/62/CE, qui encadrait les emballages depuis trente ans. Le règlement le rappelle lui-même, sur la base des données Eurostat : les emballages mobilisent 40 % des plastiques et 50 % du papier utilisés dans l’Union, et représentent 36 % des déchets municipaux solides.

Directive 94/62/CE Règlement PPWR (UE) 2025/40
Nature juridique Transposée dans chaque État membre Application directe et uniforme dans toute l’UE
Recyclabilité Exigences essentielles générales Tous les emballages recyclables en 2030, classés A, B ou C (art. 6)
Contenu recyclé Aucun seuil Taux minimaux pour les emballages plastiques en 2030 et 2040 (art. 7)
Réemploi Incitations nationales Objectifs chiffrés à partir de 2030 (art. 29)
Suremballage Principe général de minimisation Taux d’espace vide plafonné à 50 % pour certains emballages en 2030 (art. 24)
Étiquetage Systèmes nationaux (Triman et Info-tri en France) Étiquetage harmonisé à l’échelle européenne (art. 12)
Substances Seuil de métaux lourds Seuil de métaux lourds maintenu et limites PFAS pour les emballages alimentaires (art. 5)
Consigne Facultative Objectif de 90 % de collecte séparée des bouteilles et canettes, avec consigne (art. 50)

Réduire, réemployer, recycler : les trois objectifs du règlement

L’ambition est triple, et elle suit une hiérarchie claire.

Réduire, d’abord. Chaque État membre doit diminuer ses déchets d’emballages par habitant de 5 % en 2030, de 10 % en 2035 et de 15 % en 2040, par rapport à 2018 (art. 43). Les emballages superflus sont visés : à partir de 2030, poids et volume devront être réduits au minimum nécessaire, et les doubles parois, doubles fonds et couches inutiles ne seront plus admis (art. 10).

Réemployer, ensuite. Pour la première fois, le réemploi devient une obligation chiffrée et non plus une simple bonne pratique. Il concerne les emballages de transport, les emballages groupés, les boissons et la restauration à emporter.

Recycler, enfin. Tout emballage mis sur le marché devra être conçu pour être recyclé, puis effectivement recyclé à l’échelle, et intégrer une part croissante de matière recyclée.

Cet ordre ne doit rien au hasard. C’est celui de la méthode 3R, qui structure depuis longtemps la démarche d’économie circulaire de nombreuses entreprises, et que la loi PPWR inscrit désormais dans le droit européen.

Votre entreprise est-elle concernée par la loi PPWR si elle ne fabrique aucun emballage ?

C’est la question que se posent la plupart des enseignes. La réponse est oui.

Le règlement ne s’arrête pas à l’usine qui produit. Le règlement suit l’emballage tout au long de sa vie et attribue des obligations à chaque opérateur qui le manipule. Un réseau de magasins, une chaîne de restaurants ou un groupe hôtelier sont concernés, même sans ligne de production.

Fabricant, producteur, distributeur final : les rôles définis par le règlement

Le PPWR distingue plusieurs catégories d’opérateurs économiques (art. 3). Quatre d’entre elles concernent directement les entreprises multisites :

  • Le fabricant fabrique un emballage ou un produit emballé, ou le fait concevoir ou fabriquer sous son nom ou sa marque. Une enseigne qui fait produire des gobelets ou des sacs à son logo, ou qui commercialise des produits sous sa marque de distributeur, est fabricant au sens du règlement.
  • Le producteur met un emballage à disposition pour la première fois sur le territoire d’un État membre. C’est lui qui porte la responsabilité élargie du producteur (REP) et verse l’éco-contribution.
  • Le distributeur met des emballages à disposition sur le marché sans en être le fabricant ni l’importateur. Le distributeur final, celui qui livre les produits emballés à l’utilisateur final (un magasin, un restaurant, un hôtel), porte des obligations spécifiques en matière de réemploi.
  • L’opérateur qui utilise des emballages de transport : palettes, caisses, bacs, rolls. C’est le cas de vos sites dès qu’ils reçoivent, expédient ou transfèrent des marchandises, et c’est à ce titre que s’appliquent les objectifs de réemploi des emballages de transport (art. 29).

Une même entreprise cumule souvent plusieurs rôles. Un réseau de restauration rapide est à la fois fabricant (ses emballages à marque), distributeur final (la vente à emporter) et utilisateur d’emballages de transport (les livraisons entre sa plateforme et ses restaurants).

La matrice « qui fait quoi »

Cette matrice résume les grandes lignes. La situation exacte de votre groupe dépend de vos flux réels, que seul un diagnostic site par site permet de cartographier.

Le cas des réseaux franchisés

Dans la plupart des réseaux, chaque franchisé est une entité juridique distincte. Il porte donc en propre les obligations de distributeur final sur son point de vente, qu’il s’agisse d’accepter les contenants des clients ou de proposer une offre réemployable. Le franchiseur, lorsqu’il fait fabriquer des emballages ou des produits à sa marque, endosse quant à lui le rôle de fabricant.

Cette répartition crée un enjeu de cohérence. Si chaque franchisé s’organise seul, les pratiques divergent, les coûts aussi. Harmoniser les solutions à l’échelle du réseau devient alors un levier de maîtrise budgétaire autant qu’une garantie de conformité. Les contrats de franchise méritent d’être relus avec votre service juridique, à la lumière du règlement.

Les groupes présents dans plusieurs pays de l’Union européenne

Le règlement harmonise les règles de conception, d’étiquetage et de réemploi. Pour un groupe implanté en France, en Espagne ou en Belgique, c’est une simplification réelle : un même emballage conforme peut circuler partout.

Tout n’est pas unifié pour autant. L’organisation des filières REP et le montant des éco-contributions, le régime des sanctions et les autorités de contrôle relèvent toujours de chaque État membre. Plusieurs exemptions, notamment pour le réemploi des boissons, sont aussi laissées à leur appréciation. Un pilotage groupe doit donc conjuguer une conformité commune et des déclinaisons nationales.

Quels emballages sont concernés par la loi PPWR ?

Tous, sans exception de matériau. Le règlement les classe toutefois selon leur fonction, ce qui répond à une question fréquente : quels sont les trois types d’emballages ?

  1. L’emballage de vente, ou emballage primaire : celui qui constitue l’unité de vente achetée par l’utilisateur final (une bouteille, une barquette, un pot).
  2. L’emballage groupé, ou emballage secondaire : celui qui rassemble plusieurs unités de vente, pour la vente ou le réassort en rayon (un pack de six, une caisse présentée en rayon).
  3. L’emballage de transport, ou emballage tertiaire : celui qui facilite la manutention et l’acheminement (palettes, films étirables, caisses, bacs).

Le PPWR ajoute deux catégories qui comptent pour les entreprises multisites : l’emballage du commerce en ligne, utilisé pour livrer à l’utilisateur final un produit vendu à distance, et l’emballage de service, rempli au point de vente, comme le gobelet ou la boîte de vente à emporter.

Les exemptions à connaître

Le règlement prévoit des exemptions, mais elles sont ciblées. Elles ne portent jamais sur l’ensemble du texte, seulement sur certaines obligations.

Exemption Obligation concernée Ce qu’il faut retenir
Boîtes en carton Objectifs de réemploi des emballages de transport et groupés (art. 29) Le carton reste soumis aux exigences de recyclabilité
Films et sangles de palettisation Exigence de 100 % de réemploi entre sites et dans un même État (art. 29.2 et 29.3) Décision déléguée (UE) 2026/429 ; ils restent comptés dans l’objectif global de 40 %
Marchandises dangereuses ; emballages souples en contact alimentaire direct Objectifs de réemploi des emballages de transport (art. 29) Exemptions ciblées sur ces seuls usages
Surface de vente de 100 m² maximum Objectif de réemploi des boissons (art. 29) D’autres exemptions sont possibles selon les choix de chaque État membre
Micro-entreprises Offre réemployable à emporter (art. 33) et, sous condition de volume, réemploi des boissons Le statut s’apprécie au niveau de l’entité juridique, pas du site

 

Le calendrier de la loi PPWR 2026-2040 en un coup d’œil

Le règlement s’applique depuis le 12 août 2026, mais l’essentiel de ses obligations chiffrées arrive plus tard. Les connaître permet d’étaler les investissements plutôt que de les subir.

Plusieurs échéances (art. 6, 7, 12 et 24) s’appliquent à la date indiquée ou, si elle est plus tardive, à l’issue d’un délai suivant l’adoption des actes de la Commission qui en précisent les modalités. [Lien EUR-Lex vers le règlement (UE) 2025/40]

Ce qui s’applique déjà. Chaque emballage mis sur le marché doit être couvert par une déclaration UE de conformité établie par le fabricant, et les emballages alimentaires doivent respecter les limites de PFAS. La règle s’apprécie unité par unité : selon la Commission européenne, un emballage mis sur le marché avant le 12 août 2026 peut y rester, mais toute unité mise sur le marché après cette date doit être conforme.

2030 : l’échéance pivot

2030 concentre l’essentiel des obligations chiffrées : recyclabilité de tous les emballages, contenu recyclé, plafond d’espace vide, objectifs de réemploi et interdiction de certains formats à usage unique. Trois ans peuvent sembler confortables. Ce n’est pas le cas. Changer de fournisseur, renégocier des contrats ou déployer une solution de réemploi sur un réseau de plusieurs centaines de sites demande souvent plus de dix-huit mois.

Le PPWR site par site : suivre l’emballage de la réception à la fin de vie

Un emballage arrive sur un quai, passe en réserve, finit en rayon ou au comptoir, puis repart en déchet. À chaque étape, la loi PPWR pose ses propres exigences, et ce ne sont pas les mêmes équipes qui les rencontrent.

Sur le quai de réception : ce que la loi PPWR change pour les emballages entrants

Chaque matin, vos sites reçoivent des palettes filmées, des cartons de toutes tailles, des caisses et des rolls. Vous n’avez fabriqué aucun de ces emballages. Vous en êtes pourtant le premier détenteur, et donc le premier à pouvoir peser sur leur évolution.

Sur le quai de réception : les emballages entrants

Le taux d’espace vide. À partir de 2030, l’article 24 le plafonne à 50 % pour les emballages groupés, de transport et du commerce en ligne, calage compris (frisures, coussins d’air, polystyrène). L’obligation incombe à celui qui remplit l’emballage, souvent votre fournisseur, mais aussi vos sites dès qu’ils expédient une commande en ligne ou transfèrent du stock. Rien ne vous empêche de l’exiger dès maintenant dans vos cahiers des charges.

Les emballages de transport entre vos sites. C’est l’angle le plus structurant pour un réseau, et le moins commenté. À partir du 1er janvier 2030, au moins 40 % des emballages de transport utilisés devront être réutilisables (objectif de 70 % en 2040). Pour les flux entre vos propres sites, et pour les livraisons entre opérateurs d’un même État membre, l’exigence monte à 100 %. Autrement dit, vos fournisseurs français devront vous livrer en bacs, caisses et palettes réutilisables.

Recyclabilité et contenu recyclé : ce qui relève de vos fournisseurs

À partir de 2030, tous les emballages mis sur le marché devront être recyclables (art. 6) et classés A, B ou C selon leur performance. Les parties en plastique devront en outre intégrer une part minimale de matière recyclée post-consommation (art. 7) :

Catégorie d’emballage plastique 2030 2040
Emballages sensibles au contact en PET (hors bouteilles de boissons) 30 % 50 %
Emballages sensibles au contact, autres plastiques 10 % 25 %
Bouteilles pour boissons à usage unique 30 % 65 %
Autres emballages plastiques (dont films de palettisation) 35 % 65 %

Ces obligations pèsent sur le fabricant. Elles vous concernent toutefois de deux façons. Si vous faites fabriquer des emballages ou des produits sous votre marque, vous êtes vous-même fabricant au sens du règlement. Et pour tous les autres, la déclaration UE de conformité de vos fournisseurs devient un document à exiger, à archiver, et à vérifier.

PFAS : un point de vigilance pour les emballages alimentaires

Depuis le 12 août 2026, l’article 5 fixe des limites de concentration en PFAS pour les emballages destinés au contact alimentaire. Elles s’appliquent à toute unité mise sur le marché à partir de cette date, même si elle a été produite avant.

Restaurants, boulangeries, rayons traiteur et cafés sont en première ligne. Revêtements anti-graisse, papiers de cuisson, barquettes : la liste des références à contrôler est souvent plus longue qu’on ne l’imagine. Le réflexe à adopter est simple : pas de commande sans attestation de conformité.

En rayon, en salle et au comptoir : les emballages au contact de vos clients

Restauration à emporter. Au plus tard le 12 février 2027, les établissements horeca devront permettre au client d’apporter son propre récipient, sans surcoût (art. 32). Le 12 février 2028, ils devront aussi proposer une option réemployable, au même prix que le jetable (art. 33, micro-entreprises exemptées). Il ne suffira pas d’afficher l’offre : il faudra la faire fonctionner, avec du stock, du lavage et des retours.

Les formats interdits par l’annexe V. À compter du 1er janvier 2030, l’article 25 interdit notamment :

  • les films de fardelage en plastique qui regroupent bouteilles ou canettes pour inciter à l’achat par lots ;
  • les emballages plastiques jetables pour moins de 1,5 kg de fruits et légumes frais ;
  • la vaisselle et les emballages plastiques jetables pour la consommation sur place en restauration ;
  • les portions individuelles de condiments servies sur place (sauf vente à emporter et établissements de soins) ;
  • les produits d’accueil à usage unique en hôtellerie, et les sacs plastiques très légers.

Étiquetage et consigne. Le 12 août 2028, des pictogrammes harmonisés indiqueront la composition des emballages, avec des étiquettes correspondantes sur les contenants à déchets (art. 12 et 13). Une signalétique cohérente entre l’emballage et la poubelle améliore mécaniquement la qualité du tri. D’ici 2029, la consigne des bouteilles et canettes pourrait aussi faire de vos points de vente des points de retour (art. 50).

Ce que la loi PPWR change pour votre secteur

  • Retail : réception massive de cartons et de films, produits à marque de distributeur, films de fardelage, consigne. Le magasin cumule presque toutes les obligations.
  • Restauration : contenants clients en 2027, offre réemployable en 2028, fin du plastique jetable sur place en 2030. Le secteur le plus exposé à court terme.
  • Hôtellerie : produits d’accueil en chambre, vaisselle jetable et portions individuelles au petit-déjeuner, tous visés par l’annexe V.
  • Santé et EHPAD : restauration collective sous contrainte d’hygiène ; les portions individuelles restent autorisées en établissement de soins.
  • Stations et aires d’autoroute : un format mixte qui cumule obligations du retail et de la restauration à emporter.
  • Distribution automobile : caisses et palettes entre plateformes et concessions, directement concernées par le réemploi à 100 % entre sites.

En zone déchets : la fin de vie des emballages

Tout converge vers la zone déchets de vos sites. Bien triés, cartons, films et palettes ne sont pas des déchets comme les autres : le carton se compacte et se revend, les films  se recyclent s’ils sont propres et séparés, les palettes se réparent ou se réemploient. Le règlement prolonge ainsi la logique de la loi AGEC et du tri à la source.

Y aura-t-il une taxe sur les emballages en 2026 ? Non. La loi PPWR ne crée pas de taxe : elle fixe des règles et confie aux États membres l’organisation de la REP. En France, la fin de vie des emballages est financée par l’éco-contribution des producteurs, que la REP Emballages professionnels étendra aux emballages industriels et commerciaux à partir du 1er janvier 2027. Pour vos sites, le coût prend donc la forme d’éco-contributions intégrées au prix des emballages, et d’investissements dans l’organisation des flux.

Le réemploi, enfin, n’est pas qu’une contrainte. Un emballage réutilisé cinquante fois, c’est quarante-neuf achats et quarante-neuf déchets évités. La méthode qui fonctionne : un flux simple, quelques sites pilotes, une mesure, puis le déploiement.

 

Piloter la conformité à la loi PPWR à l’échelle du groupe

Sur un site, la loi PPWR se traduit en gestes concrets. À l’échelle d’un groupe, elle devient une question de pilotage : combien cela coûte-t-il, comment le prouver, et par où commencer ?

Combien coûte la mise en conformité ?

Aucun chiffre universel n’existe. Les postes, eux, sont connus : l’audit initial, les achats (nouveaux fournisseurs, emballages plus recyclables), la logistique des flux retour, le parc de contenants réutilisables et le lavage, sans oublier l’éco-contribution. Les leviers d’économie le sont tout autant : massification des collectes, revente du carton et des films, harmonisation des contrats entre sites, et chaque emballage évité.

Ces gains ont aussi une traduction carbone. Moins de matière, plus de réemploi, des camions mieux remplis : à quantifier avec les facteurs d’émission de la Base Empreinte de l’ADEME, pour nourrir votre bilan carbone et votre reporting de durabilité (ESRS E5).

Prouver votre conformité : achats, traçabilité, reporting

Vos appels d’offres sont votre premier outil. Une clause PPWR peut exiger la déclaration UE de conformité de chaque référence, la classe de recyclabilité et le taux de contenu recyclé, le respect du taux d’espace vide et la livraison en emballages de transport réutilisables.

Reste à centraliser les preuves : déclarations fournisseurs, bordereaux, attestations de valorisation. C’est le rôle d’une plateforme comme Onesty, développée par Hubency, qui consolide les données de tous vos sites. Un historique fiable deviendra indispensable : à partir de 2030, les opérateurs soumis aux objectifs de réemploi devront transmettre chaque année un rapport à l’autorité compétente (art. 31).

Contrôles et sanctions

Chaque État membre fixe son régime de sanctions au plus tard le 12 février 2027 (art. 68). Pour les manquements aux articles 24 à 29 (espace vide, formats interdits, réemploi), il comprend obligatoirement des amendes administratives, auxquelles peut s’ajouter le retrait du marché. En France, les contrôles relèvent des autorités de surveillance du marché, dont les Douanes pour les produits importés.

Votre feuille de route en 5 étapes

Face à un texte de cette ampleur, la tentation est grande de tout traiter en même temps. Mieux vaut avancer dans l’ordre.

  1. Recensez les emballages entrants et sortants de chaque typologie de site, et identifiez les rôles que votre groupe occupe au sens du règlement.
  2. Évaluez les coûts de mise en conformité et les économies possibles, flux par flux.
  3. Intégrer aux achats. Insérez une clause PPWR dans vos appels d’offres et exigez les déclarations de conformité.
  4. Organiser les flux. Structurez le tri, la valorisation et le réemploi, en commençant par des sites pilotes.
  5. Suivez vos indicateurs site par site, consolidez-les au niveau du groupe et préparez le futur rapport réemploi.

Comment Hubency accompagne les entreprises multisites face à la loi PPWR

Chaque réseau a son histoire, ses contraintes et ses priorités. C’est pourquoi nos solutions s’activent séparément, selon vos besoins.

Diagnostic Emballages : Nos experts cartographient vos flux d’emballages, identifient les obligations applicables à chacun de vos sites et établissent une feuille de route priorisée à l’échelle de votre groupe.

Gestion des déchets multiflux : À partir d’un audit de chacun de vos sites, nous prenons en main le pilotage de votre gestion des déchets, et déployons des solutions de tri, collecte et valorisation sur-mesure grâce à un réseau de prestataires sélectionnés partout en France et une centralisation des opérations sur notre plateforme onesty pour gagner en traçabilité, simplicité et maitrise budgétaire.

Solutions de réemploi : Via notre offre de conseil Circularity, nous concevons et déployons des boucles de réemploi adaptées à vos flux, du choix des contenants à l’organisation du lavage.

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FAQ : vos questions sur la loi PPWR

 

  • Quand la loi PPWR s’applique-t-elle en France ?

Le règlement (UE) 2025/40, dit loi PPWR, est entré en vigueur le 11 février 2025 et s’applique depuis le 12 août 2026 dans tous les États membres, sans transposition. Ses obligations sont échelonnées : certaines sont déjà exigibles, comme les limites PFAS, tandis que les principales obligations chiffrées arrivent en 2030 puis en 2040.

  • Un réseau de petits sites ou de franchisés bénéficie-t-il d’exemptions ?

Certaines exemptions existent, mais elles sont ciblées. Le réemploi des boissons ne s’applique pas aux distributeurs finaux dont la surface de vente n’excède pas 100 m², et l’offre réemployable à emporter ne vise pas les micro-entreprises. Ce statut s’apprécie par entité juridique : dans un réseau franchisé, chaque franchisé s’examine au cas par cas.

  • Les films de palettisation sont-ils concernés par le réemploi ?

Partiellement. Depuis la décision déléguée (UE) 2026/429, les films et sangles de palettisation sont exemptés de l’exigence de 100 % de réemploi applicable aux flux entre sites d’un même groupe et entre opérateurs d’un même État membre. Ils restent toutefois comptés dans l’objectif global de 40 % d’emballages de transport réutilisables en 2030.

  • Quels sont les 3 types d’emballage visés par le PPWR ?

Le règlement distingue l’emballage de vente (primaire), qui constitue l’unité vendue, l’emballage groupé (secondaire), qui rassemble plusieurs unités de vente, et l’emballage de transport (tertiaire), qui facilite la manutention. Il y ajoute l’emballage du commerce en ligne et l’emballage de service, rempli au point de vente.

  • Que dit l’article 7 du PPWR ?

L’article 7 fixe les taux minimaux de contenu recyclé dans les parties en plastique des emballages. En 2030, ils vont de 10 % pour les emballages sensibles au contact hors PET à 35 % pour les autres emballages plastiques. En 2040, ils atteignent jusqu’à 65 % pour les bouteilles de boissons et les autres emballages plastiques.

  • Les emballages déjà en stock restent-ils commercialisables ?

Oui, s’ils ont été mis sur le marché avant le 12 août 2026 : selon la Commission européenne, ils peuvent y rester même s’ils ne sont pas conformes. La règle s’apprécie toutefois unité par unité. Tout emballage mis sur le marché après cette date doit respecter les exigences applicables, y compris les limites PFAS.

Anticiper la loi PPWR plutôt que la subir

Pour les entreprises multisites, la loi PPWR impose de regarder les emballages autrement : non plus comme un coût diffus, réparti sur des dizaines ou des centaines de sites, mais comme un flux à piloter, de la réception jusqu’à la valorisation. Les échéances de 2030 paraissent lointaines. Elles ne le sont pas.

La bonne nouvelle ? La première action tient en une phrase. Cette semaine, demandez à vos trois principaux fournisseurs d’emballages leur déclaration UE de conformité. Vous saurez très vite où vous en êtes.

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Sources officielles

  • Règlement (UE) 2025/40 du 19 décembre 2024 relatif aux emballages et aux déchets d’emballages, JO L du 22 janvier 2025
  • Décision déléguée (UE) 2026/429 de la Commission du 25 février 2026, JO L du 6 mai 2026
  • Commission européenne, PPWR Frequently Asked Questions, 2e édition, août 2026
  • Direction générale des douanes et droits indirects, Entrée en vigueur du nouveau règlement relatif aux emballages

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