15 septembre 2019
Economie

Le marché du papier et du carton s’effondre. La filière ne parvient plus à écouler ses stocks et les prix de rachat ne couvrent plus les frais de recyclage. Un tri rigoureux et qualitatif reste l’unique manière de faire face à une crise partie pour durer.

Quand le conjoncturel se mêle au structurel

Historiquement en France, la collecte des papiers et des cartons est excédentaire. Les industries papetières du pays ne consomment, en moyenne, que 74 % des matières triées et collectées. Conséquence : les 26 % restants sont traditionnellement vendus à nos voisins, Espagne et Allemagne en tête.

Mais l’Europe elle-aussi se trouve depuis longtemps dans une situation excédentaire, avec chaque année 8,5 millions de tonnes sur 56 qui ne trouvent pas preneur sur le continent, soit environ 15%. Jusqu’à récemment, les surplus étaient orientés vers la Chine. Mais la fermeture du pays aux déchets occidentaux conduit à un accroissement sans précédent des stocks. Face à cette abondance, les prix s’écroulent. L’euro-tonne de carton a encore perdu 20 € en juillet, et une chute similaire est attendue dans les prochaines semaines.

Pour ne rien arranger, les États-Unis ont fait le choix de brader leurs prix pour se débarrasser de stocks colossaux, dont le volume exact est tenu secret.

Trier, encore rentable ?

Désormais, les prix de rachat du papier et du carton ne permettent plus de couvrir les frais de collecte et de recyclage. Toutes les sociétés spécialisées sont donc contraintes d’adapter leurs tarifs et d’éditer, dans certains cas, des bons de rachats négatifs.

Poursuivre ces efforts de tri reste cependant la meilleure option. D’abord, car le traitement du papier-carton demeure moins onéreux que le traitement du DIB. Ensuite, parce que l’industrie papetière a toujours besoin de matière première. Mais face à l’abondance, elle peut se permettre de sélectionner rigoureusement ce qu’elle souhaite acheter. Un lot parfaitement trié, d’une qualité irréprochable, trouvera donc plus facilement preneur et limitera vos frais.

“MISEZ SUR LE TRI”
“Face à cette situation inédite, ce n’est pas le moment de baisser les bras et de stopper ses efforts de tri. Arrêter
serait la pire des options, d’un point de vue environnemental comme économique : trier reste la stratégie la plus
avantageuse. Mais il faut trier encore mieux. Toutes nos équipes sont à votre disposition pour vous accompagner
dans cette direction.”

Arthur di Montagliari, Directeur-Général de Hubency